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Fraudes aux paiements : les bonnes pratiques pour protéger les utilisateurs
Avec l’essor du commerce en ligne et des paiements instantanés, les usages de paiement évoluent rapidement. Cette transformation s’accompagne d’un besoin accru de vigilance, tant pour les prestataires de services de paiement que pour les utilisateurs. Selon le dernier rapport conjoint de l’Autorité Bancaire Européenne (EBA) et de la Banque Centrale Européenne (ECB), la fraude aux paiements a représenté environ 4,3 milliards d’euros en 2022 dans l’UE/EEE, dont près de 2 milliards au premier semestre 2023.
Il devient essentiel de mieux comprendre les principales formes de fraude, d’identifier les facteurs de risque et de mettre en œuvre des bonnes pratiques adaptées, afin de garantir des paiements sûrs, fiables et conformes aux exigences réglementaires européennes.
Les formes de fraude les plus courantes
Fraudes par carte
Les paiements à distance restent les plus exposés, car ils ne nécessitent pas la présence physique du titulaire de la carte. Les autorités européennes constatent régulièrement que la fraude en ligne est plus élevée que celle réalisée en point de vente.
L’Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement souligne également que la fraude à distance reste nettement plus élevée que la fraude en point de vente (Banque de France – OSMP).
Fraudes aux virements et aux paiements instantanés
Les virements, particulièrement les virements instantanés, peuvent être ciblés dans le cadre d’attaques sophistiquées, notamment lorsque les fraudeurs usurpent l’identité d’un conseiller, d’un fournisseur ou d’un proche pour convaincre l’utilisateur d’autoriser le transfert.
Fraudes transfrontalières
Les transactions effectuées à l’étranger présentent davantage de risques en raison de la diversité des acteurs impliqués et des variations de niveaux de sécurité selon les juridictions.
Pourquoi ces fraudes émergent-elles ?
L’évolution des usages numériques entraîne l’apparition régulière de nouveaux scénarios :
- • phishing, via e-mail ou SMS,
- • spoofing téléphonique, imitant le numéro d’une banque,
- • fraude au virement autorisé,
- • usurpation d’identité,
- • ou encore attaques liées aux API de paiement dans le cadre de l’open banking.
Les analyses européennes montrent également que les transactions non authentifiées via l’authentification forte présentent un niveau de risque plus important, ce qui confirme l’importance de sécuriser correctement les accès et les opérations sensibles.
Par ailleurs, l’essor des paiements instantanés élargit le champ d’action des fraudeurs : la rapidité du transfert réduit le délai de réaction en cas d’erreur ou de manipulation.
Les bonnes pratiques pour réduire les risques
Côté prestataires de services de paiement
- • Appliquer l’authentification forte (SCA) pour toutes les opérations où elle est requise par la réglementation, en tenant compte des exemptions prévues lorsque le niveau de risque est jugé faible.
- • Renforcer les contrôles sur les paiements instantanés.
- • Garantir une traçabilité complète des opérations sensibles.
- • Participer aux mécanismes de partage d’informations encouragés par le futur Payment Services Regulation (PSR).
Côté utilisateurs
- • Vérifier l’adresse des sites ou applications avant d’effectuer un paiement.
- • Ne jamais communiquer de code ou d’information confidentielle, même en cas d’appel se présentant comme “officiel”.
- • Activer la biométrie ou la double authentification dès que possible.
- • Examiner régulièrement ses relevés bancaires.
- • Vérifier systématiquement le nom du bénéficiaire et l’IBAN lors d’un virement.
Depuis le 9 octobre 2025, la Verification of Payee (VoP) est devenue obligatoire dans la zone euro pour les prestataires proposant des virements SEPA (crédit transfers), conformément au règlement européen sur les paiements instantanés (IPR).
Côté entreprises et plateformes
- • Former les équipes aux scénarios d'ingénierie sociale (phishing, faux IBAN…).
- • Écuriser les processus sensibles : ajout de bénéficiaires, modification d’informations internes.
- • Intégrer la conformité dès la conception (compliance by design).
Un cadre européen qui se renforce
La DSP2 a joué un rôle clé dans la réduction de certaines fraudes grâce à l’authentification forte.
Les textes européens en cours d’évolution :
- • La troisième directive sur les services de paiement (DSP3),
- • Le règlement sur les services de paiement (PSR),
- • Ainsi que le règlement sur les paiements instantanés (Instant Payments Regulation – IPR), déjà en vigueur, renforcent progressivement la coordination entre prestataires, la détection de la fraude et la sécurisation des virements.
L’objectif : bâtir un environnement de paiement européen toujours plus sûr, plus fluide et plus cohérent et pensé pour accompagner sereinement la transformation numérique du secteur !
Source:
https://www.banque-france.fr/system/files/2024-09/OSMP-2023.pdf